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Casablanca - La situation actuelle du secteur immobilier au Maroc, les perspectives de croissance du secteur de l'habitat, la flambée des prix des logements et les mesures fiscales incitatives accordées aux promoteurs immobiliers sont les principaux thèmes débattus lors d'une rencontre organisée jeudi soir à Casablanca.
"Y-a-t-il un risque d'implosion de la bulle immobilière ?" est la question délicate et complexe que plusieurs opérateurs du secteur immobilier ont tenté d'aborder sur la base d'une vision subjective et perspicace, faisant valoir des arguments persuasifs. Selon M. Miloud Chaâbi, Président de la Fédération Nationale de l'Immobilier, le secteur, l'un des forces motrices de l'économie nationale, est affecté par le changement périodique des lois et règlements, la rareté du foncier, la pratique de l'avance au noir et les difficultés administratives. Il a également averti contre la suppression des avantages accordés aux promoteurs immobiliers par l'article 19 de la Loi de finances depuis 2000, estimant que cette suppression pourrait avoir un impact négatif sur la croissance du secteur du bâtiment et provoquer le désengagement des promoteurs immobiliers privés des projets d'habitat social. Il a également plaidé pour un allégement fiscal et un traitement équitable entre les promoteurs immobiliers privés et publics aussi bien nationaux qu'étrangers en vue d'assurer une concurrence loyale. De son côté, M. Said Sekkat, directeur général du Groupe Al Mawlid, a estimé que l'immobilier à l'instar d'autres secteurs économiques subit la loi du marché et dépend de l'évolution de l'offre et la demande. Certains facteurs structurels et autres conjoncturels pourraient déstabiliser le secteur du bâtiment, a tenu à préciser M Sekkat, estimant que la faiblesse de la production de logements, la volatilité des prix des matériaux de construction et des taux bancaires risquent d'exercer des pressions inflationnistes sur l'immobilier. D'après le Directeur général du groupe Jamai, M. Rachid Jamaï, le secteur de l'habitat "se porte globalement bien à l'heure actuelle par rapport à la situation de l'immobilier il y a quelques années". Les mesures incitatives prises par les pouvoirs publics en faveur du logement social ont donné une forte impulsion au secteur de l'habitat au Maroc, a dit M Jamaï, soulignant la nécessité de maintenir les exonérations fiscales instaurées par l'article 19 de la loi de finances 1999-2000. Pour sa part, le directeur général adjoint du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), M. Amine Nejjar, a évoqué la problématique du financement de logement et les risques bancaires dans l'accompagnement des acquéreurs. Selon les données dévoilées par M. Nejjar, les encours des crédits immobiliers se sont envolés, atteignant actuellement 93 milliards de DH, marquant une hausse fulgurante en moins de cinq ans. Quant au directeur général du Group Al Omrane, M. Najib Larraichi, il s'est prononcé en faveur d'un partenariat citoyen avec les promoteurs immobiliers privés pour combattre l'habitat insalubre et veiller au respect des normes de qualité et de sécurité dans la construction de logement. Il a également appelé à un "reciblage" des dispositions de l'article 19 de la loi prévoyant des exonérations fiscales pour les entreprises immobilières engagées dans la promotion de l'habitat social. Source : MAP |